Valérie Granger (documentaliste Formiris)

L'Ecole et la laïcité
01/05/2007

Trois ans après l'adoption de la loi du 15 mars 2004 "encadrant le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics", la question de la laïcité dans les établissements scolaires ne semble pas être totalement réglée.

Bilan de la loi sur la laïcité à  l'Ecole

Gilles de Robien estime que la mise en oeuvre de la loi s'est déroulée sans difficulté. Le ministère de l'Education indique qu'à  la rentrée 2003, 1 500 élèves manifestaient ostensiblement une appartenance religieuse tandis qu'à  la rentrée 2004, ils étaient seulement 639, dont 550 cas ont été résolus par le dialogue. En septembre 2006, seuls 4 lycéens sikhs se sont rendus en cours avec un turban.
De son côté, Nora Rami, l'une des responsables du "Comité 15 mars et libertés" regrette l'exclusion de 250 filles, dont 10 % d'entre elles sont désormais déscolarisées.
Lors de son congrès annuel, organisé du 13 au 16 avril dernier, L'UOIF (Union des organisations islamiques de France) a réaffirmé son opposition à  la loi du 15 mars 2004. Par ailleurs, alors qu'un troisième établissement musulman vient d'ouvrir dans la banlieue lyonnaise (collège-lycée Al-kindi), cette même organisation souligne que ces écoles "ne sont pas des refuges communautaristes".
Cependant, le Syndicat national des personnels de direction de l'Education nationale indique que, depuis la rentrée 2007, on constate, notamment en banlieue parisienne et dans la région lyonnaise, des revendications liées aux interdits alimentaires. On observe également une montée du sexisme.
La sortie d'un manuel scolaire dont une illustration de Mohamed a été rendue floue, accréditant l'idée de l'interdiction de toute représentation du prophète, a aussi jeté le trouble parmi les enseignants.

Former les enseignants au fait religieux

Les professeurs sont en effet souvent désemparés face aux diversités religieuses et sont, de plus, mal préparés. En 2002, Régis Debray proposait que les IUFM forment les futurs enseignants au fait religieux. Dans les faits, les étudiants ne bénéficient pas tous de ces formations.
Si l'histoire des religions est traitée dans les programmes scolaires en histoire-géographie et en français, d'aucuns préconisent que le fait religieux soit abordé dans les autres disciplines, et ce, dès l'école primaire. Certaines expériences, encore trop rares, existent pourtant comme celle menée à  l'école Lépine à  Paris. L'équipe éducative a mis en place un parcours de culture religieuse. Les élèves suivent d'abord un cycle d'initiation à  base d'ateliers et de visites de musées. Découvrir des lieux de culte est prévu l'année suivante. Pionnier, l'Enseignement catholique propose des séquences pédagogiques liant les religions aux mathématiques ou au sport.


Sources
LA CROIX
L'école aborde prudemment le fait religieux, Bernard Gorce, 3 avril 2007, p. 15.
Un manuel scolaire censure le portrait de Mohammed, Bernard Gorce, 10 avril 2007, p. 11.

DEPECHE DE L'AEF
Rencontres de l'UOIF : les écoles privées musulmanes "ne sont pas des refuges communautaristes", Florence Pagneux, 17 avril 2007, n° 77908.

L'EXPRESS
Ecole et Islam, le désarroi des profs, Claire Chartier, Laurence Debril, Boris Thiolay, Anne Vidalie, n° 2906, semaine du 15 mars 2007, pp. 110-115.

LE MONDE
L'école sans le voile, Stéphanie Le Bars, 8-9 avril 2007, p. 13.
L'enseignement des religions à  l'école doit être amélioré, Stéphanie Le Bars, 18 avril 2007, p. 31.

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