Florence Albert Peña (documentaliste Formiris)

La rentrée dans l'Enseignement catholique
01/10/2007

Alors que 35 000 élèves n'ont pu s'inscrire dans l'Enseignement catholique à  cette rentrée, le gouvernement annonce la suppression, au budget 2008, de 1 400 postes pour le privé. C'est dans ce contexte qu'Eric de Labarre fait sa première rentrée en tant que nouveau secrétaire général de l'Enseignement catholique.

Près de 6 000 inscriptions supplémentaires

Pour 2007-2008, plus de 2 millions d'élèves ont choisi l'Enseignement catholique, ce qui représente 6 000 inscriptions supplémentaires par rapport à  2006. Par ailleurs, 35 000 demandes n'ont pu être satisfaites faute de places. Il existe néanmoins des disparités régionales : 17 académies connaissent des hausses (notamment Bordeaux, Créteil, Limoges, Paris, Strasbourg et Versailles) alors que 9 autres perdent des élèves (comme Amiens, Lille, Lyon, Nancy ou Rouen). L'assouplissement de la carte scolaire en revanche ne semble pas avoir eu de conséquences particulières sur les inscriptions. Pour Eric de Labarre, la désectorisation "permettra de mettre au jour les motivations réelles des familles qui nous confient leurs enfants. On ne pourra plus dire, de façon caricaturale, que le choix du privé s'inscrit dans une stratégie de contournement de la carte scolaire." Concernant le nombre des postes d'enseignants, l'Enseignement catholique a perdu 300 postes en 2007 et 1 400 suppressions sont annoncées dans le projet de budget 2008.

De nouveaux objectifs pour l'Enseignement catholique

Dans sa conférence de presse du 25 septembre, le nouveau secrétaire général a présenté les principales orientations qu'il souhaite développer en 2007-2008.

- Réactualiser la loi Debré
Eric de Labarre a annoncé que les relations qui lient l'Enseignement catholique à  l'Etat seront reprécisées afin de "donner de la chair à  la notion de contrat d'association". Un groupe de travail a été mis en place dans ce sens au sein de l'Enseignement catholique. Celui-ci rédigera un vade-mecum du chef d'établissement. Cette relecture de la loi de 59 permettra de "redonner de l'oxygène et de l'autonomie aux établissements".

- Réorganiser la structure interne de l'Enseignement catholique
Un travail de réflexion sur la notion de tutelle sera engagé. Aujourd'hui, la situation est complexe : les établissements sont liés à  des diocèses ou à  des congrégations, au Secrétariat général et à  l'Etat. Au moment où le niveau régional doit être renforcé, il devient nécessaire d'envisager une nouvelle organisation. Un groupe de réflexion présentera ses conclusions sur ce sujet début 2008.

- Renforcer l'implantation d'établissements dans les quartiers difficiles
A l'occasion de sa rencontre avec des représentants de l'institution, Nicolas Sarkozy avait rappelé qu'il soutiendrait "les projets d'ouvertures de structures éducatives et pédagogiques privées dont l'objectif est d'améliorer l'égalité des chances". Le secrétaire général se montre favorable à  un plus grand investissement de l'Enseignement catholique dans les zones en difficulté. D'ores et déjà , il n'exclut pas que des établissements situés en centre ville ouvrent des antennes dans la périphérie, "là  où les besoins se font sentir", à  condition que le ministère lui en donne les moyens.

- Garantir la liberté d'enseignement
Une nouvelle circulaire relative au forfait communal a été publiée au mois d'août suite à  l'annulation du précédent texte par le Conseil d'Etat. Eric de Labarre, s'il comprend l'inquiétude de certains maires ruraux, affirme toutefois que "la liberté d'enseignement ne peut être subordonnée aux conditions matérielles des collectivités locales" et qu'elle n'est pas négociable.

- Assurer l'accueil de tous les élèves
Reprenant la phrase de Paul Malartre ("Un établissement n'est pas catholique par ses élèves, il l'est par son projet"), Eric de Labarre entend préserver un juste équilibre entre le "caractère propre" et "l'ouverture à  tous", sans distinction des convictions philosophiques, religieuses ou politiques des personnes. Néanmoins, il lui paraît indispensable que tous les établissements assurent un enseignement de la culture chrétienne afin que les élèves "connaissent l'héritage dans lequel s'inscrit leur école."


Sources
LA CROIX
L'Enseignement catholique veut être plus présent en banlieue, Denis Peiron, 26 septembre 2007, p. 12.

DEPECHES DE L'AEF
Eric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique : généraliser l'enseignement de la culture chrétienne dans les établissements, Marie-Caroline Missir, 10 septembre 2007, n° 83200.

L'Enseignement catholique veut "réactualiser la loi Debré", et renforcer sa présence en banlieue, Marie-Caroline Missir, 25 septembre 2007, n° 83996.

Les effectifs de l'Enseignement catholique augmentent de 0,3 %, Anne Mascret, 25 septembre 2007, n° 84005.

Forfait communal : "la liberté d'enseignement ne se négocie pas", affirme Eric de Labarre, Anne Mascret, 25 septembre 2007, n° 84006.

Nicolas Sarkozy soutiendra "les projets d'ouvertures de structures éducatives et pédagogiques" privées "dont l'objectif est d'améliorer l'égalité des chances", Pascal Bouchard, 11 septembre 2007, n° 83250.

LE FIGARO
Davantage d'établissements catholiques en ZEP, 25 septembre 2007, p. 8.

Pour approfondir
Circulaire du 6 août 2007, libertés et responsabilités locales en matière de financement par les communes des écoles privées sous contrat.

Conférence de presse de rentrée d'Eric de Labarre, Enseignement-catholique.fr, 25 septembre 2007.

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