isabelle Tinader (documentaliste Formiris)

Quel avenir pour l'enseignement professionnel ?
30/04/2005

Jean-Louis Borloo veut diviser par 2 le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans (estimé à  22,9 %). Il compte sur la mise en place de plusieurs dispositifs et sur une campagne de revalorisation de l'enseignement professionnel et notamment, de l'apprentissage.

Les dispositifs pour l'insertion professionnelle des jeunes

Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, dispose essentiellement de 3 outils pour assurer l'accès à  l'emploi des jeunes sans qualification et réduire leur taux de chomage (l'un des plus élevés de l'Union européenne) :
- Le contrat de professionnalisation qui remplace le contrat de qualification depuis octobre 2004 rencontre une mise en oeuvre difficile. Peu ont été signés : 6 500 fin février pour un objectif de 160 000 en décembre 2005.
- Le Contrat d'insertion dans la vie sociale (CIVIS), récemment créé, voit ses premiers contrats signés début avril. D'une durée d'un an, il doit aider les jeunes à  entrer sur le marché du travail grâce à  un tuteur. Son objectif est de 100 000 contrats pour 2005.
- le Contrat jeune en entreprise propose des CDI à  des jeunes de moins de 23 ans. L'entreprise perçoit en échange une prime. 126 700 contrats étaient signés fin février.

Enseignement professionnel : une image à  valoriser

Alors qu'1 collégien sur 3 rejoint l'enseignement professionnel, celui-ci demeure discrédité. Une étude du ministère de l'Education nationale révèle que les jeunes qui s'y dirigent sont de milieu 2 fois moins favorisé que ceux qui optent pour l'enseignement général (54 % des élèves issus de parents ouvriers ou chômeurs contre 27 % dans l'enseignement général). Ces élèves sont en moyenne plus âgés et ont eu des parcours scolaires plus difficiles. Souvent orientés par défaut, 12 à  15 % d'entre eux abandonnent leurs études et quittent le système éducatif sans diplôme, ni qualification.
La loi Fillon prévoit plusieurs mesures pour revaloriser l'image de l'enseignement professionnel : la réduction du nombre des BEP afin d'en améliorer la lisibilité, le passage du bac professionnel après 3 ans au lieu de 4 et le maintien du label "lycée des métiers". Concernant l'apprentissage, Jean-Louis Boloo lance une campagne nationale de promotion qui ambitionne de passer de 360 000 contrats à  500 000 en 2009. Au programme : l'augmentation de la rémunération, la création d'une carte comparable à  celle des étudiants offrant des réductions et des mesures fiscales pour les entreprises.


Sources
SOURCES

LES ECHOS
Insertion des jeunes : Jean-Louis Borloo affiche son volontarisme, Carine Fouteau, 14 avril 2005, p. 4.
L'enseignement professionnel attire près d'un collégien sur trois, 4 avril 2005, p. 2.

Pour approfondir
Propositions d'actions complémentaires à  la réforme engagée sur l'apprentissage, Ministère délégué aux PME, Rapport du groupe de travail sur l'apprentissage, 2004.


Campagne nationale de promotion de l'apprentissage dans le cadre du plan de cohésion sociale, Ministère de l'Emploi, du travail et de la cohésion sociale, 2005.

Diversité des lycées d'enseignement professionnel, Education et formations, décembre 2004.

"La voie des métiers" sur le site Education.gouv.fr

UNETP, Union nationale de l'enseignement technique privé

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