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Valérie Granger (documentaliste Formiris)
Les enseignants, seuls face à la violence
31/01/2006
Le cas de l'enseignante agressée le 16 décembre dernier dans un lycée professionnel d'Etampes révèle l'isolement des enseignants face à la violence des élèves. La police dans les établissements est l'une des réponses de Gilles de Robien. De leur côté, des chercheurs réunis dans un colloque international sur le sujet préconisent que l'enseignement "aux situations difficiles" fasse partie de la formation initiale des professeurs.
Aggravation de la violence contre les enseignants
Une enseignante gravement blessée en classe à Etampes, une autre frappée à Vitry-sur-Seine. Ces deux faits divers s'ajoutent à une liste qui ne cesse de s'allonger. En deux ans, les violences contre les enseignants ont augmenté de 9%. En 2005, plus de 10 000 agressions verbales et plus de 11 000 agressions physiques ont été relevées. Les professeurs portent rarement plainte — dans moins de 15 % des cas, selon le dernier recensement du ministère de l'Education. Les problèmes se règlent souvent en interne, pour ne pas ternir l'image d'un établissement ou par crainte de représailles de la part des élèves et des parents. La présence de policiers dans les établissements Pour permettre aux professeurs de parler de toute difficulté rencontrée dans leur classe, le ministre de l'Education projette d'instituer "des permanences de la justice et de la police dans les établissements". 74 % des parents d'élèves estiment qu'il s'agit d'une bonne mesure, d'après un sondage du ministère de l'Education, rendu public le 20 janvier dernier. A la demande des chefs d'établissement, des policiers "correspondants" sont déjà présents ponctuellement dans des établissements pour des missions de prévention. Les "contrats locaux de sécurité" ont également peu à peu généralisé les partenariats avec la police et la justice. La nouvelle proposition de Gilles de Robien ne convient pas aux syndicats, depuis toujours hostiles à l'entrée des policiers dans les établissements. La FSU estime qu'une "présence éducative renforcée", c'est-à -dire davantage de conseillers principaux d'éducation, de conseillers d'orientation-psychologues, d'assistants sociaux, d'infirmières semble plus appropriée. Afin d'indiquer aux professeurs et chefs d'établissements la démarche à suivre en cas d'agression, le ministère actualise la circulaire "justice, éducation, police" de 1998. Par ailleurs, une "note de vie scolaire" sera attribuée dès la prochaine rentrée. Elle comptera pour le brevet et sanctionnera l'assiduité, le comportement des élèves et le respect du règlement intérieur. La violence scolaire interroge le métier d'enseignant Réunis à Bordeaux (12-14 janvier) pour un colloque international sur la violence à l'école, des chercheurs en sciences de l'éducation ont abordé la formation initiale des enseignants. Ils ont relevé que celle-ci s'attache surtout à la transmission des savoirs et ont souligné sa carence en matière de violence. Et ce, d''autant qu'il existe aussi, selon eux, une violence dite "routinière" qui détériore le climat de l'établissement et une violence générée par la hiérarchie, les rythmes scolaires, la sélection... Eric Debarbieux, organisateur de ce colloque et directeur de l'Observatoire international de la violence à l'école, préconise une réflexion sur le métier d'enseignant prenant en compte la violence, composante du métier. L'IUFM de Bordeaux par exemple propose déjà des modules de formation pour faire face aux situations difficiles. Les travaux de Laurence Janot, maître de conférences à l'IUFM d'Aquitaine, rapportent que de nombreux enseignants débutants craignent de manquer d'autorité. 53 % d'entre eux pensent ne pas avoir les compétences relationnelles et 27 % de ne pas être soutenus par leurs collègues ou leur direction. Quant au rôle de la police dans les écoles, le sociologue s'y montre favorable s'il s'agit d'une "police de proximité, avec des policiers qui connaissent les enseignants, le quartier, les parents..." Sources
SOURCES
DEPECHES DE L'AEF Violence à l'école : 74 % des parents d'élèves estiment que les permanences dans les établissements scolaires seraient une bonne mesure, Gregory Danel, 20 janvier 2006, n° 60479. LE FIGARO Les collégiens seront notés sur leur conduite, Marie-Estelle Pech,12 janvier 2006, p. 9. Etampes : la version de l'enseignante mise à mal, Justine Ducharne, 18 janvier 2006, p. 8. Robien invite policiers et magistrats dans les lycées, Marie-Estelle Pech, 20 décembre 2005, pp. 1 et 13. Violences scolaires : les agressions se multiplient, Justine Ducharne , Marie-Estelle Pech 20, janvier 2006, p. 9. LIBERATION Combattre la violence à l'école, ça s'apprend, Marie-Joëlle Gros, 16 janvier 2006, pp. 2-3. Mes trois mois en cours de violence appliquée, Emmanuel Davidenkoff, Marie-Joëlle Gros, 11 janvier 2006, pp. 2-3. LE MONDE Après le drame d'Etampes, M. de Robien propose la présence de policiers dans les établissements, Martine Laronche, 21 décembre 2005, pp. 1 et 9. "La classe devient un lieu de plus en plus violent", Martine Laronche, Anne Rohou, 5 janvier 2006, p. 11. La solitude des enseignants face aux violences des élèves, Catherine Rollot, 15-16 janvier 2006, p. 9. Pour approfondir
Rapport sur
"La rue dans l'école ? Connaître, prévenir et maîtriser l'intrusion de la violence dans les établissements scolaires", Christian Demuynck, juin 2004. Rapport sur "Violences des collégiens et lycéens : constats et évolutions, ministère de l'Education nationale, 2005. Les actes de violence à l'école recensés dans SIGNA en 2004-2005", note d'évaluation, novembre 2005. La lutte contre la violence à l'école, dossier du ministère de l'Education nationale, septembre 2005. La violence à l'école, CRDP académie de Versailles, décembre 2005. Ce document est issu d'@toutDoc
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