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Florence Albert Peña (documentaliste Formiris)
Controverses autour de l'apprentissage
01/06/2006
Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi et de la cohésion sociale, qualifie l'apprentissage de voie royale vers l'emploi. Dans cet esprit, le gouvernement a lancé une campagne de promotion pour convaincre jeunes et employeurs. Pourtant des freins persistent, notamment du côté des syndicats et des conseils régionaux.
500 000 futurs apprentis en 2009 ?
Il y a eu 380 000 jeunes apprentis en 2005. ce qui représente 10% d'augmentation par rapport à 2004. Pour 2009, le gouvernement se fixe l'objectif de 500 000 jeunes en apprentissage. Pour cela, il compte multiplier par 2 le nombre d'apprentis préparant un diplôme de l'enseignement supérieur. Il devra aussi enrayer la rupture précoce des contrats dans certains secteurs comme l'hôtellerie-restauration ou les travaux publics. Enfin, l'accueil des apprentis devra se développer dans les grandes entreprises. Dans celles-ci, un seuil minimal sera instauré : 1% de l'effectif en 2006, 2 % en 2007 et 3 % les années suivantes, sous peine d'une augmentation de la taxe d'apprentissage.Une campagne promotionnelle a été lancée en appui : affiches, dépliants publicités, etc. Enfin, l'ouverture d'un site Internet entièrement consacré à l'apprentissage est prévu en septembre ainsi que le lancement d'une web-TV sur le sujet. L'apprentissage junior est rejeté par le CSE... La parution du décret relatif à l'apprentissage junior est attendue courant juin. En 12 articles, il reprend plusieurs dispositions de la loi pour l'égalité des chances. Le jeune en apprentissage devra acquérir le socle commun des connaissances et des compétences prévu par la loi d'orientation. Des bilans seront organisés tout au long de la formation. Sous statut scolaire jusqu'à 15 ans, le jeune bénéficiera d'un parcours d'initiation aux métiers. Les périodes de stages en entreprises seront rémunérées à hauteur de 20 % du SMIC (puis 25 % la première année sous statut d'apprenti et 37 % la seconde année). Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) a rejeté ce projet de décret. Il estime que l'apprentissage junior "parce qu'il remet en cause, de fait, la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans, constitue une régression éducative et un renoncement à donner à chaque jeune une formation initiale de qualité commune à tous". A noter que le CSE n'a qu'un rôle consultatif. ...et ne fait pas l'unanimité dans les régions Les régions jouent un rôle important dans le développement de l'apprentissage. Une enveloppe de 20 millions d'euros leur sera affectée, sous réserve que l'apprentissage junior soit inscrit comme priorité dans leur contrat d'objectifs et de moyens. Pour les aider, un guide pédagogique a été élaboré à leur intention. Reste que de nombreux conseils régionaux s'opposent à l'instauration de l'apprentissage junior. En Ile-de-France par exemple, les employeurs ne recevront aucune indemnité compensatrice pour l'accueil d'un jeune en contrat d'apprentissage junior. Si ces régions se disent favorables à la découverte des métiers dès 14 ans, elles rejettent la signature d'un contrat de travail dès 15 ans. Un apprentissage à 2 vitesses Si Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, estime que l'apprentissage est un "outil en faveur de l'égalité des chances et de l'insertion des jeunes", certains redoutent un apprentissage à 2 vitesses. Comment en effet traiter de la même façon un jeune en difficulté sociale et professionnelle qui se tourne vers l'apprentissage et un étudiant d'une grande école qui alterne cours théoriques et périodes en entreprise ? Le premier devra bénéficier d'un encadrement pédagogique et social renforcé pour parvenir au succès, dans lequel le rôle des assistantes sociales est essentiel. Le gouvernement doit prendre en compte la fonction sociale de l'apprentissage et cela passe inévitablement par un effort financier. Sources
SOURCES
DEPECHES DE L'AEF Apprentissage dans l'enseignement supérieur : "une véritable voie d'avenir" à "développer absolument" pour François Goulard, Fabien Cluzel, 16 mai 2006, n° 65110. Apprentissage junior : le détail du projet de décret, Grégory Danel, 28 avril 2006, n° 64630. Apprentissage junior : le guide pédagogique de la formation mis en ligne, Marie-Caroline Missir, 5 mai 2006, n° 64771. "L'apprentissage : un outil en faveur de l'égalité des chances et de l'insertion des jeunes", déclare Azouz Begag, Valérie Grasset, 9 mai 2006, n° 64862. Jean-Louis Borloo estime que la baisse du chômage des jeunes est due en grande partie au succès de l'apprentissage, Lucie Prusak, 28 avril 2006, n° 64613. Le risque d'un "apprentissage à deux vitesses", se confirme selon Bernard Pasquier, délégué de l'AFREF, Olivier Dhers, 9 mai 2006, n° 64853. LES ECHOS Jean-Louis Borloo met l'apprentissage à 15 ans en sourdine, Carine Fouteau, 4 mai 2006, p. 2. LE MONDE-LA LETTRE DE L'EDUCATION Apprentissage-junior : rejet du CSE, n° 523, 22 mai 2006, p. 2. En parcours d'initiation aux métiers, les apprentis juniors en entreprise obtiendront 20 % du SMIC, n° 522, 15 mai 2006, p. 2. Pour approfondir
Intervention de Gérard Larcher aux Assises de l'apprentissage, Ministère de l'Emploi et de la cohésion sociale, février 2006
Formation d'apprenti junior : guide pédagogique, Eduscol, avril 2006 L'apprentissage junior : le vrai-le faux, Ministère de l'Emploi et de la cohésion sociale Chaîne web de l'apprentissage Ce document est issu d'@toutDoc
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