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C'est en 1981 que les zones d'éducation prioritaires (ZEP) ont été mises en place. 25 ans après, elles ne semblent pas avoir tenu leurs promesses. Pourtant, peu nombreux sont ceux qui veulent les supprimer. C'est dans ce contexte que Gilles de Robien a présenté un 3ème plan de relance lors de sa conférence de presse du 13 décembre.
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Les ZEP ont 25 ans
Alain Savary a créé le label ZEP en 1981 pour lutter contre l'échec scolaire en "faisant plus pour ceux qui ont moins". Au nombre de 362 en 1982, elles sont aujourd'hui plus de 700 et 20 % des élèves y sont scolarisés. Le développement de ce dispositif a provoqué un saupoudrage des aides et une baisse de son efficacité. Les incitations financières par exemple n'ont pas permis de garantir la stabilité des équipes et 25 % des professeurs y ont moins de 30 ans. En outre, les effectifs sont trop lourds : en primaire, on note seulement 0,7 élève de moins par classe en moyenne par rapport à une classe non située en ZEP. L'accumulation des difficultés de certains établissements a fait fuir les familles de classe moyenne, engendrant l'absence de mixité sociale. En 2005, l'échec scolaire est trois à quatre fois plus important en ZEP.
Les mesures du plan de relance
La réforme de Gilles de Robien sort d'une logique de territoire pour axer les actions sur les établissements les plus fragiles. Elle prévoit : - La création du label "ambition réussite" qui sera attribué à plus de 200 collèges. Ces établissements seront l'unité de référence d'un "réseau de réussite" créé avec les écoles du secteur. Ils signeront un contrat de 4 ou 5 ans avec leur académie et feront l'objet d'une évaluation régulière fondée sur un "baromètre de la réussite scolaire". - Le renforcement des moyens avec l'arrivée de 1 000 enseignants expérimentés volontaires, 3 000 assistants pédagogiques et 1 infirmière par établissement. La création de dispositifs relais supplémentaires est envisagée pour les enfants "perturbateurs". - La mise en place de projets d'excellence dans chaque établissement avec des spécialités de haut niveau d'ordre culturel, sportif, scientifique, environnemental ou linguistique. - L'individualisation des parcours pour "encourager les talents". Un livret de compétences reprendra le parcours de l'élève depuis le primaire et fixera des objectifs pédagogiques. Le but étant de ne plus faire redoubler. La découverte professionnelle sera mise en place dès la classe de 4ème. - Le renforcement de l'accompagnement scolaire avec des études encadrées obligatoires. - Le développement de l'accès aux nouvelles technologies. - La reconnaissance du mérite avec la possibilité de s'inscrire dans un lycée hors secteur pour les élèves ayant obtenu au brevet une mention bien ou très bien. Le nombre de bourses passera de 28 000 à 100 000 en 2006. - La création d'un environnement de réussite : développement des écoles ouvertes, des internats de réussite éducative, etc. - L'association des parents à travers le contrat de responsabilité parentale et la diffusion d'un guide à l'accompagnement de la scolarité. - La promotion de l'accès aux filières d'excellence : 100 000 étudiants participeront à des actions de tutorat ; des modules de préparation aux concours administratifs seront proposés et des programmes radiophoniques seront accessibles par Internet pour les élèves soucieux de parfaire leur culture générale. - La stabilisation des équipes pédagogiques : un cahier des charges de la formation initiale des maîtres prendra en compte les compétences nécessaires pour enseigner en zones difficiles ; les enseignants bénéficieront d'une valorisation de carrière et seront prioritaires dans les mutations. Les jeunes enseignants seront mieux accompagnés lors de leur prise de fonction. - La mise en place d'un pilotage national de l'éducation prioritaire, avec la nomination d'un délégué ministériel à l'enseignement prioritaire. Localement, un inspecteur pédagogique régional sera chargé plus particulièrement de ce dossier. - La réorganisation de la carte des ZEP. Les établissements classés actuellement en Zone d'éducation prioritaire seront répartis selon trois catégories : les EP1 (éducation prioritaire 1) recevront le label "ambition réussite" ; les EP2 garderont les moyens actuels et les EP3 auront 3 ans pour sortir du dispositif.
Des réactions en demi-teintes
Pour le SNUIPP-FSU, il s'agit d'une "vraie fausse relance". Ce syndicat regrette l'absence de mesures en faveur de l'école maternelle et primaire, âge auquel se construit la réussite scolaire. Le SNES, dénonce "un dynamitage des ZEP" et la création de "parcours profondément dérogatoires qui accentuent la ségrégation". Quant à l'UNSA-éducation et au SGEN-CFDT, ils critiquent le manque de moyens. Beaucoup s'inquiètent de l'avenir des établissements qui vont perdre leur label ZEP. De son côté, l'Observatoire des zones prioritaires (OZP) se dit satisfait des mesures annoncées. Il insiste néanmoins sur la nécessité de maintenir des moyens à la hauteur des objectifs et de renforcer le pilotage pédagogique.
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