 |
Orthographe : à qui la faute ?, Danièle Manesse, Danièle Cogis, ESF, 2007. Extraits sur le site du journal La Croix Dossier "La dictée" - Les Français et l'orthographe 1873-1987, Danièle Manesse, André Chervel, Calmann-Lévy, 1994. Discours de Gilles de Robien - Ouverture du colloque de l'Observatoire national de la lecture, 24 janvier 2007. Dossier : "Education nationale et maîtrise de la langue (programmes de 2002), sitEColes, avril 2004.
|
|
 |
|
|

Les deux enquêtes comparables de 1987 et 2005
En 1987, André Chervel et Danièle Manesse, spécialistes du langage, avaient comparé les performances en orthographe des élèves de cette année-là avec ceux de 1873 et 1877, grâce à des dictées collectées à cette époque. L'ouvrage qui avait suivi — "Les Français et l'orthographe" — concluait à un meilleur niveau des élèves de 1987. En 2005, reprenant la même dictée de 1987 (un texte de Fénelon), Danièle Manesse et Danièle Cogis mettent en évidence une baisse brutale du niveau. Si, en 1987, 50 % des élèves faisaient moins de 6 fautes, ils ne sont plus que 22 % en 2005. Ces résultats confirment les statistiques officielles et des témoignages d'enseignants qui relèvent un décrochage des performances depuis les années 1990.
Des règles de grammaire non acquises
Ce sont les fautes de grammaire, d'accord et de conjugaison qui ont augmenté le plus. Selon les auteurs, ces erreurs démontrent que les élèves n'ont pas acquis les règles qui devraient être automatisées. Ces résultats sont toutefois à nuancer en fonction : - des zones d'habitation : les Zep par exemple obtiennent de moins bons résultats, - des élèves : une grande hétérogénéité existe dans une même classe.
Différentes causes pour cette baisse de niveau d'orthographe
Pour Danièle Manesse, ce décrochage s'explique par : - la réduction du temps d'étude de la langue à l'école primaire pour d'autres apprentissages (langues étrangères, informatique, environnement, code de la route, etc.), - la simplification des programmes en primaire, sans que le collège n'ait pris le relais, - l'insuffisance d'apprentissage des automatismes de la langue et des règles, - une formation à l'étude de la langue dispensée à l'IUFM trop courte et qui n'insiste pas assez sur la vigilance des enseignants des autres matières, - etc. Enfin, et sans pouvoir l'analyser dans le cadre de son étude, la chercheuse évoque l'effet du desserrement des normes au sein de notre société.
Le programme du ministre de l'Education nationale
Lors du colloque de l'Observatoire national de la lecture, Gilles de Robien a annoncé la publication d'ici à un mois d'une circulaire sur l'apprentissage de l'orthographe, qui introduira les "leçons de mots". Il s'appuiera sur l'Inspection générale et la Direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO), ainsi que sur l'écrivain Erik Orsenna et le linguiste Alain Bentolila. Ces derniers rédigeront un texte d'orientation.
|
|