Florence Albert Peña (documentaliste Formiris)



Consensus sur le statut des maîtres du privé
31/12/2004
Le 8 décembre restera une date historique pour l'enseignement catholique. Après 3 heures de débat, les députés ont adopté la proposition de loi concernant le statut des maîtres de l'enseignement privé : 122 voix pour, aucune contre et 3 abstentions.
Loi Censi du 5 janvier 2005.

Rapport d'information sur la mise en application de la loi du 5 janvier 2005, 5 octobre 2005.

Les enseignants du privé reconnus par l'assemblée nationale, Communiqué de presse du Secrétariat général de l'enseignement catholique, 10 décembre 2004

Site de la Coordination nationale retraite

Une loi de clarification


Le nouveau texte a pour but de dissiper l'ambiguïté concernant le statut des maîtres du privé. Il leur confère désormais un statut d'agent public qui exclut un contrat de type privé avec l'établissement sans pour autant les assimiler à  des fonctionnaires.
Par ailleurs, il institue une parité progressive entre les retraites des enseignants du public et les pensions des maîtres du privé. Pour cela, il stipule la création d'un régime de pension additionnel financé par l'Etat et les cotisations salariales. Afin d'éviter toute baisse de salaire, les maîtres du privé basculent vers le régime spécial des fonctionnaires. L'application sera progressive à  partir de septembre 2005. Pour compenser les faibles augmentations des premières années, l'indemnité de départ en retraite est provisoirement maintenue.
6 amendements au texte initial ont été retenus. Il est précisé que les maîtres du privé continuent à  "bénéficier des droits syndicaux et sociaux qui leur ont été reconnus par la Cour de cassation" malgré leur changement de statut. En outre, l'organisation interne de l'établissement reste du ressort du chef d'établissement. Un suivi de la mise en oeuvre de la loi est prévu. Un rapport sur son application devra être remis par le gouvernement à  l'Assemblée nationale et au Sénat avant le 1er janvier 2006.

Un accueil enthousiaste

Le Secrétariat de l'enseignement catholique, en la personne de Paul Malartre, s'est félicité de "la qualité du débat [parlementaire] "qui" a permis d'éviter toute polémique. Ainsi est effacé le souvenir amer pour nos politiques (et pour nous-mêmes) du débat sur la révision de la loi Falloux en 1994." Les parlementaires, toute tendance confondue, ont reconnu la place de l'enseignement privé sous contrat dans le système éducatif ainsi que la qualité des enseignants et le bon fonctionnement des établissements.
Du côté syndical, le Snceel se félicite de l'unanimité parlementaire, mais reste vigilant sur "le calendrier des mesures de rattrapage en faveur des maîtres" et "l'organisation et le financement des dispositifs transitoires ou pérennes prévus".
Le Spelc "se réjouit" du vote et note positivement l'intervention de plusieurs députés qui ont demandé au gouvernement "d'aller plus vite pour améliorer les retraites" au nom de l'équité.
Même satisfaction pour la FEP-CFDT.
Le SNEC-CFTC et le SYNEP-CFE-CGC se démarquent. Le premier note qu'il "n'est toujours pas inscrit noir sur blanc que le contrat de travail est un contrat de droit public, ce qui, sur le fond ne clarifie pas grand-chose". Pour le second, il s'agit d'une "déprivatisation sans nationalisation".


Ce texte clôt-il une longue bataille ? Pour le ministère, il est "juste et équilibré [et] répond aux préoccupations légitimes exprimées par l'ensemble des acteurs de l'enseignement privé". Pour la coordination nationale retraite, il permet de "mettre fin à  une situation archaïque liée à  une histoire franco-française".

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