Valérie Granger (documentaliste Formiris)



Débat sur les remplacements de courte durée
31/10/2005
Le remplacement de courte durée des professeurs absents, un des dispositifs de la loi Fillon, est en passe de devenir le nouveau sujet de tension entre le ministre de l'Education et les syndicats enseignants.

Présentation du dispositif

Depuis la rentrée 2005, les enseignants du second degré absents pour une durée inférieure ou égale à  15 jours peuvent être remplacés par un collègue volontaire de la même discipline ou d'une autre. Mais à  partir du 1er janvier 2006, les chefs d'établissement seront autorisés à  désigner un professeur, au cas où aucun enseignant ne se porterait volontaire.
Avec ce dispositif, le ministre vise surtout les absences prévisibles et institutionnelles (formation, examen). Concrètement, un enseignant pourra effectuer un maximum de 5 heures hebdomadaires de remplacement et ne pourra pas aller au-delà  de 60 heures annuelles. Un certifié touchera 36 € pour une heure supplémentaire et un agrégé 51 €.
Gilles de Robien avait prévu que les protocoles d'application soient prêts dans chaque établissement pour début octobre, mais sur le terrain, très peu d'établissements se sont penchés sur la question et seuls 4 ou 5 exemples de protocoles étaient remontés au ministère début octobre.
Egalement concerné par ce dispositif, l'enseignement catholique fait remarquer que ces pratiques existent déjà  et que les demandes de remplacement ne posent pas de difficulté particulière. Lorsqu'un enseignant est absent moins de 2 semaines, il est remplacé par un ou plusieurs de ses collègues. "Le remplacement interne, c'est une vieille tradition chez nous et ça fonctionne souplement", souligne Jacques Bizot, délégué général de l'enseignement catholique.

Le dispositif remplacement critiqué par les enseignants

Les syndicats contestent ce dispositif et c'est à  l'appel du Snes-FSU qu'une journée de mobilisation a été organisée le 12 octobre dernier avec la remise au ministre d'une pétition qui a recueilli 40 000 signatures. Le mécontentement des enseignants porte sur l'accroissement de leur temps de travail sans compter les sources de conflit qu'un tel dispositif peut générer avec le chef d'établissement si le volontariat ne se fait pas. Par ailleurs, ce système permet aux enseignants de faire acte de présence auprès des élèves mais ne présente aucun intérêt pédagogique. Enfin, cette nouvelle organisation renvoie au sujet délicat de l'absentéisme des professeurs. Selon les statistiques du ministère de l'Education, 6 % des enseignants s'absentent en cours d'année (3,5 % pour des absences de plus de 15 jours) et seules 400 000 des 4 millions d'heures d'absence sont actuellement remplacées. Les syndicats ont conscience qu'une majorité de l'opinion publique est pour le remplacement des professeurs absents par d'autres, comme le souligne un sondage CSA réalisé en septembre qui indique que 72 % des Français y sont favorables.

A quelques semaines des élections professionnelles prévues le 6 décembre prochain, les syndicats ne souhaitent pas lâcher la pression auprès du ministre et au lendemain de la mobilisation du 12 octobre, ils demandent à  Gilles de Robien de les recevoir afin de "remettre à  plat l'ensemble du dossier des remplacements".

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