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Apprentissage : une idée simple, des réalités diverses, Cereq, octobre 2005. Rubrique "Nos publications en ligne", choisir Bref. 1995-2003, l'apprentissage aspiré par le haut, Cereq mars 2005, La mise en place de la formation en alternance au collège, IGEN, juin 2005. Conférence de presse du premier ministre, Lettre Flash, 1er décembre 2005. Déclaration commune solennelle au CSE, 8 décembre 2005.
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Du collège à l'apprentissage
La première année, le jeune volontaire restera rattaché à un collège avec un statut "d'apprenti junior". Il sera suivi par une équipe pédagogique et un tuteur. Ceux-ci l'aideront à formaliser un "projet pédagogique personnalisé". Il s'engagera ensuite dans un "parcours d'initiation", partageant son temps entre le collège, le lycée professionnel ou un Centre de formation d'apprentis (CFA) et des stages en entreprise (12 à 15 semaines). Il recevra des enseignement généraux, technologiques et pratiques et percevra une "gratification" durant ses semaines de stage (de l'ordre de 50 € par semaine). Les classes d'initiation pré-professionnelles en alternance (CLIPA) et les classes préparatoires à l'apprentissage (CPA) seront de ce fait supprimées. La deuxième année, le jeune entrera en apprentissage proprement dit avec un contrat de travail. La formation pourra durer plus de 2 ans. A tout moment, il pourra réintégrer la filière générale puisque les jeunes apprentis devront avoir acquis le "socle commun de compétences".
Un dispositif qui ne clarifie pas les choses
Si ce dispositif est mis en place, la France rejoindra la Serbie, l'Autriche, la Macédoine, la Grèce et le Portugal pour l'abaissement de la scolarité obligatoire. Par contre, elle sera à contre courant des recommandations de la Communauté européenne et de l'OCDE, ainsi que de la tendance générale des pays développés à allonger la durée des études. La constitution du socle de compétences ne va pas sans créer de difficultés au Haut Conseil de l'éducation (HCE) chargé de le définir. Comment concilier un socle minimum accessible à ces jeunes déjà en difficulté scolaire et les exigences de niveau liées à la poursuite en filière générale ? Un haut responsable du ministère de l'Education nationale estime qu'on "ne pourra pas, à l'évidence, fixer les mêmes exigences académiques que l'actuel brevet des collèges." L'apprentissage junior remet également en cause le principe du collège unique qui avait été préservé par la loi Fillon après un long processus de consultation de deux années. Ce dispositif est approuvé par 80 % des Français, selon un sondage du Parisien publié à la mi novembre. Pourtant en 2003, l'apprentissage était perçu comme "la voie de l'échec scolaire" dans un sondage réalisé par le ministère des Finances. A rappeler enfin un rapport de l'Inspection générale publié en juin 2005 qui avait pointé le manque de lisibilité des parcours d'alternance — notamment à propos des parcours de découverte initiés au collège par la loi Fillon. Un dispositif de plus ne sera pas de nature à les rendre plus clairs.
Deux fronts s'opposent sur le bien-fondé du dispositif
Présenté devant le CSE, le 8 décembre, ce projet a été rejeté par 39 voix contre, 12 pour et 2 abstentions. Les représentants des parents d'élèves, des enseignants et des élèves qui le composent estiment dans une déclaration commune que ce projet "organise l'éviction précoce des élèves en difficulté" et remet en cause la scolarité obligatoire. La Fep-CFDT s'interroge : "Qui peut croire qu'un mauvais remède abandonné il y a plusieurs dizaines d'années puisse se transformer aujourd'hui en bon médicament, à l'opposé du "socle commun" attendu pour le collège et dont ces jeunes ne bénéficieront pas ?" De son côté, le Medef est satisfait. L'obligation d'acquisition du socle commun et la mise en place d'un tutorat renforcé l'a rassuré sur sa crainte de dévalorisation de cette voie d'apprentissage. Il a également obtenu la stabilité de la taxe d'apprentissage, la prise en compte des besoins spécifiques des branches professionnelles et des avantages fiscaux pour les entreprises accueillant des apprentis junior. La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) est, elle aussi, "à peu près en phase" et suggère que les périodes en entreprise permettent la découverte de différents métiers.
L'apprentissage est-il l'outil d'une meilleure insertion ?
Deux études du Cereq relativisent l'insertion professionnelle de l'apprentissage pour les élèves en difficulté. En effet, jusqu'au niveau bac, l'apprentissage offre un meilleur taux d'emploi dans les 3 ans qui suivent l'obtention du diplôme (85 % contre 75 % pour un CAP ou un BEP). Toutefois, les anciens apprentis ne sont pas mieux payés alors qu'en principe, étant immédiatement productifs, leur rémunération devrait s'en ressentir. Par contre, pour des niveaux bac + 2 et au-delà , le taux d'emploi est identique ce qui recouvre toutefois des disparités en fonction des secteurs d'activité. Ce sont les bac + 2 qui ont le plus de chance d'être recrutés par leur maître d'apprentissage. Mais surtout, ces études révèlent que l'on est toujours mieux protégé du chômage lorsqu'on a suivi une voie générale que lorsqu'on est entré précocement en CFA. Enfin, les secteurs les plus dynamiques où se développe l'apprentissage s'adressent à des jeunes ayant le bac.
Le Cereq conclut qu'il "faudrait malheureusement trouver d'autres remèdes que l'apprentissage au chômage des jeunes... qui touche en premier lieu les non diplômés." En outre, afin de valoriser l'apprentissage, le Président de la République a demandé aux universités de proposer elles aussi "une formation en alternance pour tous leurs diplômes". Même si cela s'avère difficilement réalisable dans certaines disciplines, l'apprentissage dans l'enseignement supérieur se développe. Que restera t-il alors comme voie de formation aux jeunes en difficultés ?
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