Isabelle Tinader (documentaliste Formiris)



Réforme de la formation de maîtres
01/12/2007
L'intégration des IUFM aux universités est presque achevée. La Conférence des directeurs d'IUFM (CDIUFM) s'intéresse désormais à  la réforme pédagogique de la formation des enseignants. Leurs propositions seront remises au ministre de l'Education nationale fin novembre.

Un modèle minoritaire en Europe

La France reste un des seuls pays européens à  former ses enseignants selon un modèle "consécutif". Patrick Baranger, président de la CDIUFM, propose de passer à  un modèle "simultané" associant formation théorique et formation professionnelle avec une professionnalisation accrue en fin de parcours.

La place du concours dans la formation

Deux questions se posent : celle du passage d'un modèle à  l'autre et celle de la place du concours. Trois scénarios sont envisageables :
- un concours à  bac+3 : l'enseignement est plus professionnalisant, les futurs enseignants ne perdent pas de temps en bachotage pour le concours. Ils sont fonctionnaires rémunérés ;
- un concours à  bac+5 : la formation est plus poussée, l'entrée est libre dans les futurs masters des IUFM et davantage d'enseignants peuvent accéder au concours ; toutefois, cela induit plus de bachotage ;
- une sélection par paliers successifs : une première à  bac +3, puis un concours de recrutement à  la fin. Il y aurait 2 à  2,5 fois plus de places que de nombre de postes au concours final avec des possibilités de réorientations.

L'amont du concours

Six modules optionnels seraient proposés aux étudiants des licences générales se destinant à  l'enseignement :
- construction et validation du projet professionnel,
- épistémologie, histoire de la matière et de son enseignement,
- introduction à  une autre discipline,
- système éducatif français et européen, histoire des réformes et connaissance des publics,
- approche culturelle de l'école,
- accompagnement de l'engagement péri-éducatif : soutien scolaire, animation, organisations d'activités.
Ces modules permettraient d'avoir une première vision du métier d'enseignant.

A l'issue de la formation : un master ?

Intégrés aux universités, les IUFM ont tout intérêt à  délivrer un master en fin de formation. Pour cela, deux hypothèses se présentent :
- l'hypothèse "basse" : le master est conféré d'office. C'est la solution la plus facile à  mettre en oeuvre, mais elle est peu "exigeante" ;
- l'hypothèse "haute" : elle consiste à  créer un vrai master adossé à  la recherche.

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