|
L'école maternelle "ne met pas tous les enfants dans les conditions de réussir à l'école élémentaire". Suite à ce constat sévère du Haut conseil de l'Education (HCE), le linguiste Alain Bentolila s'est vu confier par Xavier Darcos une mission sur ce sujet. De son côté, la Direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO) anime un groupe de travail complémentaire.
|
|
|
|

Définir des programmes
Premier reproche adressé à l'école maternelle : elle ne propose pas une évolution claire des apprentissages. Alain Bentolila préconise de définir un programme et des progressions spécifiques de la petite section à la grande section. Il suggère également que cette dernière soit ramenée au cycle 1, mais en assurant une meilleure coordination avec le CP. En outre, il estime nécessaire de rendre la scolarité obligatoire dès 3 ans afin d'assurer une continuité des apprentissages mis à mal par les nombreuses absences des enfants notamment le samedi matin.
Eviter un apprentissage trop précoce de la lecture
Le linguiste regrette que dans de nombreux cas, la grande section de maternelle ressemble à un pré CP où les enfants apprennent déjà à lire. Or, un apprentissage trop précoce et mal fait aura des conséquences néfastes. L'école maternelle doit être centrée sur la maîtrise du langage oral notamment par la lecture par l'enseignant de "textes de qualité", la mise en place d'ateliers, des "leçons de mots".
S'interroger sur la scolarisation à deux ans
Sur ce point, Alain Bentolila et la DGESCO s'opposent. Le premier estime qu'elle ne réduit pas les inégalités sociales de départ : 97 % des écoliers en difficulté dès 2 ans le seraient encore au collège. Les personnels ne savent pas accompagner des enfants de cet âge dans leur développement linguistique. Il cite, par ailleurs, les travaux d'une spécialiste de l'interculturalité, Marie-Rose Moro. Selon elle, les familles immigrées scolarisent peu leurs enfants si jeunes car cela ne correspond pas à leur idée de l'éducation. La DGESCO maintient le bénéfice de la scolarisation précoce dans des "secteurs situés dans un environnement social défavorable".
Tenir compte de l'interculturel
Valorisation des parents migrants, soutien d'activités parascolaires liées aux origines culturelles des enfants, mais aussi limiter à 20 le nombre d'élèves par classe "dans les zones d'insécurité linguistique", telles sont les propositions afin d'aider les enfants de migrants à franchir le fossé culturel.
Mieux former les enseignants
Alain Bentolila propose la mise en place d'un module de formation de 50 heures en IUFM et des stages spécialisés pour les enseignants se destinant à l'école maternelle. Il demande également le retour d'inspecteurs et de conseillers pédagogiques spécialisés pour la maternelle.
Viendra s'ajouter à cette réflexion, les conclusions d'un groupe de travail mis en place par la commission des Affaires culturelles du Sénat. Il portera sur la scolarisation des enfants de moins de 3 ans et rendra ses travaux à la fin du premier semestre 2008.
|
|