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Un accès à l'emploi renforcé
Inscrit dans le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo, un projet de loi a été présenté en conseil des ministres. Il prévoit notamment : - La mise en place d'un "apprentissage junior" : dès 14 ans, les collégiens pourront choisir une formation d'apprenti pour s'initier à différents métiers. Ils alterneront périodes de stages et cours au collège pendant 2 ans. Ils pourront signer un contrat d'apprentissage dès l'âge de 15 ans après accord de l'équipe pédagogique. Ce projet suscite de nombreuses réactions : pour certains, il est symptomatique d'une politique libérale. Il annonce aussi la fin d'une dynamique lancée dans les années 50 qui visait à accroître le niveau de formation du plus grand nombre de jeunes. Pour d'autres, il symbolise le renoncement de l'Ecole à accompagner les élèves en grandes difficultés. - L'augmentation des aides en faveur des entreprises qui embauchent des jeunes issus de zones urbaines sensibles. - La lutte contre les discriminations avec une expérimentation des CV anonymes, un renforcement des sanctions et la mise en place d'une agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances. - La création d'un contrat de responsabilité parentale en cas d'absentéisme scolaire ou de difficultés liées à une carence de l'autorité parentale. Ce contrat sera proposé par le maire, le chef d'établissement ou l'inspecteur d'académie. Par la suite, en cas de non respect, il conduira à la suspension des allocations familiales. Cette procédure sera intégrée à la prochaine réforme sur "la bientraitance de l'enfance". On peut s'étonner d'un tel volet dans un projet axé sur l'emploi. D'ailleurs, la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) dénonce l'instauration d'une "police des familles" et la stigmatisation des plus pauvres. L'Union nationale des associations familiales (UNAF), quant à elle, regrette le flou concernant les mesures d'aides proposées aux parents en difficulté.
Relance de l'éducation prioritaire
Le deuxième volet en faveur de l'égalité des chances se concentre sur la discrimination positive en éducation. Avec la création du label "Ambition réussite", Gilles de Robien recentre les moyens sur les établissements scolaires en grandes difficultés. Il abandonne ainsi la logique de territoire des zones d'éducation prioritaire. Désormais, les collèges seront sélectionnés après consultation des syndicats et on réfléchira sur la formation initiale des enseignants, le recrutement des professeurs et le contournement de la carte scolaire pour les élèves les plus méritants. Pour le Snes, cette réforme sans budget annonce le dynamitage des Zep. Le linguiste Alain Bentolila, de son côté, estime qu'elle ne s'attaque pas à la ghettoïsation scolaire et que "rien n'est pire que d'accepter que l'homogénéité de certains établissements se fonde sur l'inculture, la précarité et l'insécurité linguistique." Seconde facette de cet axe : l'ouverture des filières prestigieuses aux lycéens de banlieue. Lors de ses voeux à la presse, Jacques Chirac a invité les grandes écoles à réserver 30 % des places aux élèves boursiers. Les bacheliers ayant obtenu une mention très bien pourraient bénéficier d'un "droit d'accès garanti". Restent à définir les procédures d'admission. Enfin, les épreuves de culture générale des concours des grandes écoles et de la fonction publique pourraient être modifiées. Si la Conférence des grandes écoles n'est pas hostile à l'ouverture sociale, elle juge néanmoins prioritaire la promotion des filières sélectives dans les établissements afin d'éviter le phénomène d'autocensure chez certains lycéens.
Depuis la crise des banlieues, tous les ministres s'emparent de l'égalité des chances. Pour François Dubet, sociologue, il s'agit d'un leurre, car "l'égalité des chances ne vise pas à produire une société égalitaire, mais une société dans laquelle chacun peut concourir à égalité dans la compétition visant à occuper des positions inégales."
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