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Alors que plus de 22 % des 18-25 ans sont sans emploi, le gouvernement envisage la mise en place d'un nouveau contrat de travail plus souple bien qu'à durée indéterminée. Pour certains, cette mesure renforce la précarité ; pour d'autres, le gouvernement se trompe de cible : il faut s'attaquer à l'échec scolaire et à la course aux diplômes.
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Création d'un contrat spécifique pour les jeunes
Deuxième étape du plan pour l'emploi : le Premier ministre engage plusieurs mesures pour favoriser l'entrée des jeunes sur le marché du travail. La mesure phare est la création du contrat première embauche (CPE). Ce contrat à durée indéterminée comprend "une période de consolidation" de 2 ans pendant laquelle le jeune pourra être licencié sans justification. Cependant, le gouvernement y adjoint plusieurs garanties : les stages, les contrats à durée déterminée et les périodes en alternance effectués dans l'entreprise seront pris en compte dans ces 2 ans. En outre, si la rupture du CPE intervient 4 mois après sa signature, le salarié bénéficiera d'une indemnité de départ et d'une allocation de 460 € pendant 2 mois. Pour Dominique de Villepin, le CPE "a vocation à aider ceux qui ont de réelles difficultés à entrer sur le marché du travail, pas à se substituer aux nouveaux contrats". Les organisations étudiantes y voient plutôt un contrat au rabais qui institutionnalise la précarité.
Autres mesures annoncées par le gouvernement
2 d'entre elles sont à relever : — l'élaboration d'une charte des stages : dorénavant, ceux-ci devront être rémunérés au-delà de 3 mois et seront reconnus dans le cursus universitaire et l'ancienneté professionnelle. — l'exonération totale des charges patronales pendant 3 ans pour les entreprises qui embaucheront en CDI un jeune au chômage depuis plus de 6 mois.
Echec scolaire et insertion professionnelle
Michel Godet, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, estime que le CPE aura un effet limité sur le chômage des jeunes, parce qu'il exclut les étudiants trop diplômés et, surtout, les jeunes sortis sans aucune qualification du système scolaire. En 2004, ils étaient 150 000 dans ce cas. Près de la moitié d'entre eux sont allés gonfler les chiffres du chômage. Que faire de ces élèves qui vivent l'Ecole comme un lieu d'exclusion et qui n'acquièrent jamais les savoirs dits "fondamentaux"? Pour ce professeur, la réponse est dans le développement de l'alternance école-entreprise et dans la multiplication de dispositifs sur le modèle des Maisons de familles rurales : éduquer à des valeurs et redonner le sens de l'effort pour accompagner le jeune vers l'insertion professionnelle. De son côté, Marie Duru-Bellat, chercheur à l'Institut de recherche en éducation, dénonce la course aux diplômes. Cette attitude démarre très tôt quand la seule motivation des élèves réside dans la note obtenue. L'absence de projet professionnel les cantonne dans des cursus peu motivants où ils croient se protéger du chômage. Elle s'interroge sur le rôle de l'Ecole qui est "d'aider les jeunes à grandir et à s'insérer dans une vie qui n'est pas que professionnelle". Il est néfaste de les encourager systématiquement à s'engager dans de longues études sans avoir construit un projet de vie basé sur leurs capacités et leurs envies. Pour Marie Duru-Bellat, "il est clair que prolonger les études supérieures est incontestablement plus facile que de réduire le noyau dur de jeunes qui quittent le système sans formation."
Si le diplôme reste la meilleure arme contre le chômage, il n'est plus la panacée. L'ascenseur social ne fonctionne plus : d'un côté, les exclus de l'école sont mis au ban de la société tandis que de l'autre, les sur-diplômés ne trouvent pas d'emploi. Une situation qui génère amertume et violence.
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