|
Alors que le Contrat première embauche (CPE) et l'apprentissage junior ont été votés par les députés, un rapport sur l'insertion des étudiants du supérieur préconise le CDI comme "forme normale d'embauche". Une autre étude réalisée par la DEP conclut qu'on dénombrera plus de candidats débouchant sur le marché du travail en 2015 que de postes offerts. La JOC a cherché de son côté à connaître les sentiments des 15-30 ans sur ces questions. Enfin, en ce qui concerne les jeunes issus de l'immigration, leurs difficultés d'insertion sont confirmées.
|
|
|
|

Les contrats d'accès à l'emploi
Le CPE a été voté par les députés le 10 février dernier dans le cadre du projet de loi sur "L'égalité des chances" et grâce à l'application du 49-3. Ce contrat rencontre une forte opposition parmi les jeunes et une deuxième journée nationale de protestation sera organisée le 7 mars. L'apprentissage junior a été voté dans la nuit du 2 au 3 février avec des aménagements d'ordre financier afin d'inciter les entreprises à recruter des jeunes en difficulté. Une étude de la DARES portant sur les formations par l'apprentissage en 2004 révèle une augmentation de 5 % de ces contrats. Ils se développent particulièrement pour les jeunes issus de l'enseignement supérieur (13 % en 2004 contre 6 % en 1994) mais avec pour corollaire des durées plus courtes. Les jeunes sans qualification ne sont plus majoritaires dans ce type de formations (45 % contre 52 % en 1994). Ce mouvement s'amplifiera sans doute dans la mesure où le gouvernement demande à l'enseignement supérieur de passer de 60 000 à 120 000 contrats en 2010.
Le rapport Proglio
PDG du groupe Véolia Environnement, Henri Proglio a remis un rapport à Gérard Larcher sur "L'insertion des jeunes sortis de l'enseignement supérieur". Celui-ci semble prendre le contre-pied des actuelles mesures gouvernementales. En effet, Henri Proglio estime que les entreprises doivent nouer avec les jeunes "un engagement durable, notamment en revalorisant le CDI (...) comme forme normale d'embauche. La confiance réciproque entre un jeune et l'entreprise qui le recrute est une condition préalable à la construction des compétences et à la réussite professionnelle." Il préconise également le développement de l'apprentissage et des contrats de professionnalisation. Quant à l'université, il considère qu'elle doit se préoccuper de la réussite professionnelle et sociale des étudiants qu'elle forme en améliorant "l'aide aux choix professionnels" et en s'ouvrant sur l'environnement social et économique.
Les jeunes et l'emploi
669 000 jeunes sur le marché de l'emploi en 2005 pour 594 000 recrutements, telle est la prévision de la Direction de l'évaluation et de la prospective (DEP). Cette étude statistique se base sur un taux de croissance de 2 % et sur un âge de départ à la retraite à 59 ans. Toutefois, des tensions se feront sentir en fonction des secteurs professionnels, des zones géographiques et des niveaux de diplôme. A travers une consultation nationale, la JOC a cherché à connaître les sentiments des jeunes de 15 à 30 ans sur l'emploi. Plutôt confiants sur leur propre avenir (71 %), ils sont cependant pessimistes "pour l'avenir de la France" (72 %) et plus particulièrement pour "l'avenir des jeunes" (67 %). 76 % sont satisfaits de leur emploi, avant tout grâce aux conditions de travail et à l'intérêt du métier plus que par le salaire ou le temps libre. Par contre, ils se sentent frustrés par le manque d'adéquation entre formation et emploi : 25 % estiment que leur emploi est "tout à fait" en adéquation avec leur formation, mais 23 % "un peu" et 38 % "pas du tout". 46 % regrettent leur choix d'orientation et estiment avoir été mal informés. Toutefois, ils considèrent qu'ils n'auraient pas pu faire d'autres choix pour des raisons financières. Trouver un emploi reste difficile pour 55 % d'entre eux. En moyenne, il faut compter 11 mois de chômage avant un premier poste. Peu informés sur leurs droits et les dispositifs d'accès à l'emploi, ils pensent néanmoins s'en sortir par eux-mêmes ou avec l'aide de leur famille. Ils n'ont en tout cas pas confiance dans l'école, les autres institutions ou toute organisation collective.
Les difficultés d'insertion des jeunes issus de l'immigration
Un rapport remis à l'Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie (ACFCI) qui n'a pas été rendu public dénonce les discriminations dont font l'objet les jeunes issus de l'immigration dans les CFA et, plus particulièrement, pour trouver leur stage. Si certains enseignants cherchent des solutions comme envoyer leur CV 4 mois avant les autres ou les diriger vers des entreprises dont les employeurs ont la même origine, certains CFA pratiquent d'eux-mêmes une discrimination lors de l'inscription. Parallèlement, une étude du Cereq fait le même constat au niveau du recrutement. Alors que le niveau de formation de cette population a augmenté, les effets sur l'emploi ne se sont pas fait sentir. Ces jeunes ne bénéficient pas non plus des embellies sur l'emploi lorsqu'elles se présentent. Selon leur origine, les discriminations sont moins fortes : les sud-européens ont rejoint les taux d'emploi des jeunes issus de parents français. Les jeunes de l'Asie du Sud-Est ont un bon taux d'accès aux diplômes du supérieur tandis que ceux issus du Maghreb cumulent tous les handicaps — moins bon niveau de formation et taux de chômage deux fois plus élevé.
|
|