La formation actuelle critiquée par les futurs enseignantsRejeté par 23 voix contre, 17 pour, 15 abstentions et 3 refus de vote au CSE et 21 contre, 12 pour, 3 abstentions et 3 refus de vote au CNESER, le projet d'arrêté pour la formation des enseignants devrait pourtant être bientôt officiel. Les avis du CSE et du CNESER sont en effet seulement consultatifs.
Bien que ce projet soit mal accepté par la plupart des syndicats, on peut mettre en parallèle une enquête réalisée par la Mutuelle générale de l'Education nationale (MGEN) et 3 fédérations de personnels (FSU, UNSA, CFDT). Celle-ci souligne la détresse des enseignants en début de carrière. 1/5 trouve le métier décourageant. Beaucoup d'entre eux souhaitent un soutien (73,5 %) et une aide psychologique (48,9 %). Les raisons de ce découragement sont l'indiscipline (38,3 %), la faiblesse du niveau scolaire des élèves (30,7 %), ainsi que la faible reconnaissance sociale (28 %). 10 à 15 % des professeurs stagiaires quittent le métier chaque année. Ils critiquent également une formation éloignée des réalités du terrain et focalisée sur la matière. Certains modules particulièrement importants, tels que la psychologie de l'adolescent, l'accueil de publics handicapés ou la scolarisation des élèves issus de l'immigration, ne sont qu'optionnels en raison de la lourdeur des cursus.
Les nouvelles dispositions du cahier des charges- Un allongement de la durée de la formationDès la licence, les étudiants bénéficieront d'une "pré professionnalisation" grâce à des stages d'observation. Après l'obtention du concours, ils seront affectés dans leur académie de formation où ils seront tutorés au moins 2 ans par la même équipe de formateurs. Le ministre veut ainsi mettre fin au "bizutage institutionnel" qui conduisait à ce que de jeunes enseignants se retrouvent en poste dans les quartiers difficiles. Pour cela, il faudra faire évoluer les capacités d'accueil des IUFM afin que leurs recrutements se rapprochent des besoins de l'académie.
- Une formation en alternanceLes stages en responsabilité passent de 6 à 8 heures par semaine et un stage en entreprise devient obligatoire. Par ailleurs, les formateurs seront progressivement recrutés sur des postes à mi-temps en IUFM et à mi-temps dans un établissement scolaire. Ils devront avoir enseigné plusieurs années auparavant.
- Une formation de qualitéLa titularisation s'appuiera sur "
10 grandes compétences". Quant au diplôme, il s'inscrira dans le parcours du LMD et sera crédité de 60 ECTS soit l'équivalence d'un master 1.
Une nouvelle commission nationale d'évaluation de la formation expertisera les plans de formation élaborés par les universités et leur conformité avec le cahier des charges national.
Intégration des IUFM aux universitésLa conférence des directeurs d'IUFM, réunie en séance plénière les 7 et 8 décembre, conteste plusieurs points. Elle regrette qu'un volant de formateurs permanents ne soit pas préservé, à l'instar de ce qui se fait dans d'autres écoles de même niveau. Elle s'inquiète de la préservation incertaine du mémoire professionnel et estime également qu'un allongement du stage en responsabilité ne suffit pas au principe de l'alternance. Enfin, la CDIUFM craint pour le pilotage des futures écoles universitaires du fait de la suppression des postes de directeurs adjoints.
L'intégration aux universités des 6 premiers établissements pilotes est en cours : Aix-Marseille, Versailles, Limoges, Grenoble, Créteil, Reims. La situation est bloquée pour La Réunion, qui devait également faire partie de cette expérimentation. Il restera à régler encore la situation des personnels administratifs et la représentation des IUFM dans les instances universitaires.