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D'abord, un plan réussite pour 200 lycées
C'est au cours d'une rencontre avec les organisations lycéennes le 9 mai que Xavier Darcos a dévoilé les premiers axes de la réforme du lycée. Souhaitant désamorcer le conflit en cours, il mettra en place dès la rentrée 2008, un plan réussite pour les 200 lycées les plus en difficulté. La liste des établissements n'est pas pour l'heure arrêtée. Ce dispositif comprendra : - 4 heures de soutien par semaine assurées par 1500 assistants d'éducation, des enseignants payés en heures supplémentaires, des étudiants en master, - des stages de rattrapage dès août 2008, - une plus grande amplitude d'ouverture des lycées permettant aux élèves d'accéder au CDI, à des salles de travail et d'informatique, etc. et de participer à diverses activités (dont le soutien). Après une évaluation et d'éventuelles adaptations, ce dispositif pourrait être étendu et pérennisé.
La réforme, quant à elle, est reportée à l'été
Annoncé pour le mois de mai, le projet sera finalement précisé cet été. Xavier Darcos aurait pressenti Jean-Paul de Gaudemar* afin de le piloter. Quant à la réforme proprement dite, elle s'appliquera en septembre 2009. Le ministre en a néanmoins dévoilé les premiers axes : - organiser des enseignements en modules, le lycéen se construisant lui même un parcours individuel, - alléger les horaires en alternant des moments de cours et des moments d'étude, - soutenir les lycéens qui en ont besoin, - remplacer les redoublements par des enseignements complémentaires, - préparer les lycéens à la 1ère année universitaire. Le ministre évitera de toucher au bac mais souhaite néanmoins une "évolution interne" et rééquilibrer les filières des séries générales. En outre, un service public d'orientation sera mis en place.
Des syndicats lycéens et enseignants inquiets et mobilisés
Florian Lecoultre, président de l'Union nationale lycéenne, est satisfait de la rencontre du 9 mai notamment sur la mise en place d'un réel statut lycéen ou du service public d'orientation. Il estime cependant que les avancées sont insuffisantes et conteste "l'objectif purement comptable des réformes éducatives" envisagées par le gouvernement. Bien que des discussions doivent s'ouvrir avec les organisations syndicales, ces dernières se montrent pour le moment inquiètes. Le fait que le calendrier de la réforme du lycée soit tardif leur paraît être une stratégie du gouvernement d'attendre la fin des mouvements de contestation. Cela fait en outre courir le risque, selon elles, que les arbitrages budgétaires soient déjà opérés et qu'il n'y ait que peu de marge de manoeuvre en matière de négociation. Ces organisations revendiquent toutefois une réforme sur le fond, mais restent bloquées par les 19 000 suppressions de postes attendues pour la rentrée 2009.
L'Enseignement catholique, force de propositions
L'Enseignement catholique, de son côté, a été désireux de faire connaître sa propre réflexion sur le lycée. Eric de Labarre a envoyé un texte au ministère de l'Education nationale sur les évolutions qu'il estime souhaitables. Il se montre ainsi favorable à "une construction modulaire" et à un abandon des filières actuelles. Il suggère que le baccalauréat soit composé d'unités capitalisables. Celles-ci seraient découpées de la façon suivante : - 2 unités de base composées d'un regroupement de deux ou trois matières, à obtenir par tous les élèves d'une même voie, - 3 unités de spécialisation. Pour tenir compte des motivations des jeunes, mais aussi les mettre en situation de responsabilité, la classe de 2nde se composerait de 40 % d'unités de spécialisation et de 60 % d'unités de base. En 1ère et terminale, ce pourcentage s'inverserait. Ces choix ne seraient pas irréversibles et des passerelles seraient à proposer en fin de 2nde et de 1ère. Le bac deviendrait une "certification des capacités nécessaires pour accéder à un emploi ou à des études supérieures". Si cette réorganisation du lycée n'est pas possible dès maintenant pour des raisons financières entre autres, le secrétaire général de l'Enseignement catholique insiste sur le fait que ce pourrait être en tout cas un objectif à atteindre.
* Recteur D'Aix-Marseille et directeur de l'enseignement scolaire au ministère de l'Education nationale de 2000 à 2004.
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