Stéphanie Jean-Lambert (documentaliste Formiris)



Le HCE a établi ses recommandations sur le socle commun
01/05/2006
Le Haut Conseil de l'éducation (HCE) a rendu publiques ses recommandations sur le socle commun de connaissances le 30 mars dernier. A charge désormais pour Gilles de Robien de rédiger le décret qui établira la définition finale de ce socle.
Recommandations pour le socle commun, HCE, 23 mars 2006

Socle commun : pour donner envie de savoir, Bruno Racine (président du HCE), Cécile Desbois, 20 avril 2006.

Les finalités du socle de référence

Présidé par Bruno Racine, le HCE est une instance consultative chargée de définir le socle commun de connaissances instauré par la nouvelle loi d'orientation sur l'école. Pour les membres du HCE, le socle correspond à  ce que "nul n'est censé ignorer en fin de scolarité obligatoire sous peine de se trouver marginalisé ou handicapé dans la vie". En ce sens, il doit "assurer une formation de qualité, et non proposer un enseignement au rabais". Avec cette mesure, le gouvernement espère ainsi éviter que des jeunes sortent du système éducatif sans aucune qualification.
Le HCE préfère employer le terme de "compétences" plutôt que de "connaissances". Selon Bruno Racine, ce terme est "la combinaison des connaissances et de la capacité de chaque élève de les utiliser".
De plus, pour le HCE, il s'agira d'évaluer régulièrement la maîtrise de ce socle par les élèves car "l'école a une obligation de résultats, effectifs et variables". Les élèves en difficulté se verront alors proposer le plus tôt possible un accompagnement personnalisé sous forme de tutorat ou d'études surveillées.

Un socle organisé autour de 7 grandes compétences

Les membres du HCE ont retenu 7 points pour élaborer le socle commun :
- langue française : sa maîtrise est considérée comme prioritaire car nécessaire à  l'acquisition des autres compétences. Une attention particulière sera portée au vocabulaire, à  l'orthographe (dont la dictée est un élément "indispensable") et à  l'expression écrite et orale,
- langue vivante étrangère : l'objectif est d'atteindre le niveau A2 du cadre européen commun de référence,
- mathématiques, sciences et technologie : le HCE recommande des "approches concrètes et pratiques" et invite à  privilégier la "résolution de problèmes à  partir de situations proches de la réalité",
- information et communication : les élèves devront maîtriser les 2 premiers niveaux du B2I,
- culture humaniste : il s'agit de "donner des repères et aussi d'affiner la sensibilité, c'est-à -dire d'éveiller le goût de la culture", en découvrant par exemple les textes fondateurs de la civilisation européenne ou en identifiant les grandes périodes de l'histoire,
- compétences sociales et civiques : pour préparer l'élève "à  la vie de citoyen" en lui apportant "quelques notions juridiques de base" et la connaissance des "règles du débat démocratique",
- autonomie et initiative : ces compétences sont à  développer à  travers l'acquisition de "méthodes de travail" et l'apprentissage du raisonnement "avec logique et rigueur".
Le HCE propose que la mise en place du socle se fasse d'abord à  l'école primaire avec une première évaluation en lecture, en écriture et en calcul dès la fin de l'année scolaire 2006-2007.

Des syndicats divisés face à  ces recommandations

Les réactions des principaux syndicats de l'enseignement ne se sont pas fait attendre. Les avis sont partagés. Le SGEN-CFDT, l'UNSA-Education et le SE-UNSA espèrent que le ministre de l'Education nationale tiendra compte de l'avis du HCE. Ils considèrent que les mesures annoncées répondent globalement à  leurs attentes même si le cahier des charges proposé leur semble "ambitieux", notamment en matière de calendrier.
En revanche, le SNUIPP-FSU, le SNES et le SNEP contestent ces propositions jugées "rétrogrades". Le SNES craint par ailleurs que ce socle "étriqué" n'exclue "au fil des ans ceux qui ne l'auraient pas atteint" et juge que cela "va à  l'encontre d'une véritable démocratisation".
Mais tous s'accordent sur un point : ils souhaitent que des discussions s'engagent rapidement avec le ministre de l'Education nationale avant toute mise en oeuvre. De son côté, le 12 avril dernier, Gilles de Robien a indiqué devant les députés qu'il tiendrait compte des recommandations du HCE pour rédiger le décret qui devrait être prêt en mai.

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