Florence Albert Peña (documentaliste Formiris)



Quelle méthode pour l'apprentissage de la lecture ?
31/12/2005
La maîtrise de la lecture est une priorité du dispositif en faveur de l'égalité des chances. L'Education nationale lance une réflexion autour de trois axes : évaluation, aide personnalisée et méthodes d'enseignement.
Conférence de presse de Dominique de Villepin, 1er décembre 2005.

Discours de Gilles de Robien devant le Conseil supérieur de l'éducation, 8 décembre 2005.

Dossier de presse sur la lecture du ministère de l'Education nationale, 5 janvier 2006.

Rapport sur l'apprentissage de la lecture à  l'école primaire , Igen, 2005.

La méthode globale, vrai ou faux problème, issu de Sitécoles, 19 décembre 2005.

Site de l'Observatoire national de la lecture

CE1 : étape majeure dans l'apprentissage de la lecture

10 % des élèves ne savent pas lire à  l'entrée en 6ème (30 % en zones d'éducation prioritaire). D'où la volonté de Dominique de Villepin de mettre en place une évaluation dès le CE1 pour repérer les enfants en difficulté de lecture. En septembre 2006, ces élèves bénéficieront d'un programme personnalisé de réussite éducative pendant la classe mais aussi en dehors de l'école. Les équipes de réussite éducative seront multipliées par deux.
Parallèlement, le Premier ministre a chargé le ministre de l'Education, Gilles de Robien, d'une réflexion sur les méthodes de lecture. Ce dernier n'a pas tardé à  ouvrir le débat en se prononçant contre la méthode globale.

Pour un retour à  la méthode syllabique

Selon Gilles de Robien, il serait "criminel" de "persévérer dans une méthode dangereuse". Le ministre est opposé à  la méthode globale ou assimilée, qu'il considère à  l'origine de l'épidémie de dyslexie. Il estime donc qu'il faut revenir à  l'approche syllabique. Pourtant les programmes de 2002, qu'il a préfacés, précisent que l'apprentissage de la lecture doit passer par l'identification des mots écrits, mais aussi par la compréhension du contexte verbal et non verbal.
Une circulaire est attendue. Elle donnera de nouvelles directives en matière d'apprentissage de la lecture et dressera une liste des manuels à  proscrire.

Une polémique sans fin

Les propos de Gilles de Robien ont levé un vent de protestations.
Du côté des éditeurs, on se dit hostile à  la refonte des manuels. Ce travail long et coûteux n'est pas jugé nécessaire. Il gonflerait les dépenses des mairies et des écoles. D'autant que les manuels actuels ont fait leur preuve chez plus de 80 % des enfants.
Du côté des enseignants, on voit là  d'abord une atteinte à  la liberté pédagogique. En outre, la méthode globale ne peut être rendue responsable de tous les maux. Ceux-ci proposent d'autres pistes de réflexion :
- renforcer la formation des futurs enseignants. Certains IUFM ne consacrent que 18 heures dans l'année à  l'apprentissage de la lecture,
- réfléchir à  un "vrai programme" de maîtrise de la langue en maternelle,
- poursuivre l'apprentissage de la lecture en cycle 3,
- travailler en direction des ZEP où beaucoup d'enfants manquent de vocabulaire et de connaissances générales pour aborder la lecture,
- mener une enquête nationale pour évaluer les méthodes d'enseignement.
Quant aux orthophonistes, ils rejettent tout lien entre dyslexie et méthode d'apprentissage de la lecture.


L'intervention de Gilles de Robien a souvent été jugée démagogique et peu constructive. Si l'apprentissage de la lecture reste un moment délicat, l'enseignant doit rester maître à  bord et choisir le juste équilibre entre les diverses méthodes pédagogiques.

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