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Pour les politiques, il faut rétablir la sécurité
Lors d'une séance de questions au Sénat, Gilles de Robien a annoncé que chaque établissement devra se doter d'un plan de prévention de la violence d'ici la fin de l'année. Il s'est dit favorable à un "partenariat plus resserré" avec la police et la gendarmerie. Une réécriture de la circulaire de 1998 sur la prévention de la violence paraîtra bientôt : ce texte présentera les recours possibles pour le personnel en cas de menace ou d'agression. De son côté, Dominique Villepin s'est engagé à prendre rapidement des "décisions concrètes" suite aux actes de violence dont la presse s'est faite l'écho. Quant à Nicolas Sarkozy, il prépare un plan contre la délinquance. Pour le ministre de l'Intérieur, "la meilleure prévention, c'est la certitude de la sanction" : comparution immédiate étendue aux mineurs, présence policière renforcée, etc. Il envisage également la mise en place d'un carnet de développement de l'enfant qui suivrait celui-ci de la naissance à l'âge adulte. Il invite les enseignants à aider au repérage des "enfants à risque". Enfin, pour ramener le calme dans les établissements, il souhaite la multiplication d'internats adaptés pour un éloignement rapide et une meilleure prise en charge des élèves délinquants.
Le métier d'enseignant en question
Les enseignants de Seine-Saint-Denis ont massivement manifesté le 26 janvier. Ils revendiquent davantage de moyens humains dans les établissements et une augmentation des structures adaptées pour les élèves en difficulté. Ils expriment aussi leurs inquiétudes à propos de la réforme des ZEP. Les actes de violence interrogent les enseignants sur leur métier. Sont-ils bien préparés à affronter des situations difficiles ? Bien que les IUFM intègrent de plus en plus souvent des modules de formation sur le sujet, Laurence Bergugnat-Janot de l'IUFM d'Aquitaine estime qu'un déséquilibre persiste entre "apprendre à transmettre un savoir" et "apprendre à travailler sur et avec autrui". Trop peu de jeunes professeurs ont conscience d'avoir choisi un "métier d'aide" où la relation éducative est tout aussi importante que la didactique. La formation initiale des enseignants doit donc s'attacher autant à l'individu (gestion du stress, émotions, facteurs de vulnérabilité, etc.) qu'au collectif (analyse des pratiques, accompagnement, rôle de la direction, etc.). Le centre académique d'aide aux écoles et aux établissements (CAAEE) de Versailles propose une approche similaire où prévention et gestion de la violence passent par un accompagnement des équipes, des "diagnostics de sécurité", un numéro vert pour les enseignants en difficulté. Des recherches approfondies analysent les résultats des interventions. Pour son directeur, Dominique Berteloot, la sérénité d'un établissement repose souvent sur "des gestes simples mais cohérents, constants, portés par tous les enseignants et l'équipe de direction dans des collaborations actives où chacun est dans son identité."
Les enseignants ont tiré le signal d'alarme. L'incivilité croissante dans les établissements ne leur permet plus d'enseigner correctement. Faut-il renforcer les sanctions ? Mieux former et accompagner les équipes ? L'école n'est pas un sanctuaire ; elle reflète les difficultés dans lesquelles se débat la société française.
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