Florence Albert Peña (documentaliste Formiris)



Quels savoirs minimum à  la fin de la scolarité ?
31/01/2006
Le Haut conseil de l'éducation (HCE), créé par la loi Fillon, est chargé de définir le socle commun des connaissances et de compétences que chaque élève doit posséder à  la fin de sa scolarité. Cela conduira-t-il à  un allègement des programmes souhaité par Gilles de Robien ?
Standards, compétences de base et socle commun, dossier de l'INRP, décembre 2005.

Le Haut conseil de l'éducation, site du Ministère de l'éducation nationale, novembre 2005.

Lancement de la réflexion sur le socle commun

La Direction de l'enseignement scolaire du ministère a transmis un document de travail au HCE. Ce dernier servira de base à  l'élaboration d'un avis sur la définition du socle commun de connaissances et de compétences. Il ne s'agit pas de remplacer les programmes scolaires, mais de définir "ce qu'aucun élève ne doit ignorer à  la fin de la scolarité obligatoire et qui est indispensable, selon la loi, pour accomplir avec succès sa scolarité, poursuivre sa formation, construire son avenir personnel et professionnel et réussir sa vie en société". Il est donc question d'un" ensemble de valeurs, de savoirs, de langages et de pratiques".
Chaque année, le conseil des maîtres ou le conseil de classe évaluera dans quelles mesures les compétences et les connaissances ont été acquises. En fonction des résultats, il mettra en place un dispositif de soutien.
Le socle sera constitué de 5 grands domaines : la langue française, les principaux éléments de mathématiques, la culture humaniste et scientifique, la pratique d'au moins 1 langue vivante étrangère et les techniques usuelles de l'information et de la communication.
Le rôle du HCE n'est que consultatif. Gilles de Robien devrait néanmoins s'inspirer de ses travaux pour rédiger le décret d'application.

Pour ou contre un allégement des programmes

Si Gilles de Robien se dit effaré par "la somme de connaissances que les élèves doivent ingurgiter", le ministère ne pourra pas se contenter d'un "Smic culturel" sans que les lobbys disciplinaires ne réagissent. Nombreux sont ceux qui se déclarent favorables à  un allégement des programmes, mais sous certaines conditions. Pour la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), il convient d'y associer l'ensemble des acteurs de l'éducation. Quant à  Philippe Meirieu, directeur de l'IUFM de Lyon, il estime qu'une réforme est devenue indispensable, mais qu' "il ne faut pas se contenter de barrer des sujets. Il faut en profiter pour s'interroger sur ce qui est vraiment important aujourd'hui pour les élèves." Beaucoup craignent que les décisions du ministre ne reposent que sur des considérations budgétaires. Ils jugent Gilles de Robien incapable de mener ce chantier titanesque semé d'embûches.

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