Stéphanie Jean-Lambert (documentaliste Formiris)



Une orientation scolaire pour le moins chaotique
30/09/2005
Le baccalauréat 2005 présente un taux de réussite record : 80,2 % des lycéens ont obtenu ce fameux sésame qui leur permet d'accéder à  l'enseignement supérieur. Mais si ces résultats répondent bien aux objectifs fixés par la nouvelle loi sur l'école, il n'en est pas de même en matière d'orientation scolaire.

Une orientation tâtonnante

Une étude de la Direction de l'évaluation et de la prospective (DEP) dresse une première ombre au tableau. En effet, si les bacheliers obtiennent aisément leur diplôme, nombreux sont ceux qui rencontrent des difficultés deux années après le bac. En 2002, 88 % des bacheliers ont poursuivi leurs études dans le supérieur. Un an plus tard, 14 % d'entre eux ont changé d'orientation et 6 % ont abandonné leurs études. Ce sont surtout les filières sélectives, telles que les classes préparatoires aux grandes écoles, qui connaissent le plus de mouvements.
Autre constat inquiétant, les jeunes qui sortent du système éducatif sans aucune qualification. Selon un rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale (IGEN) et de l'Inspection générale de l'Administration de l'Education nationale et de la Recherche (IGAENR), publié en juin 2005, 150 à  160 000 élèves seraient concernés. Les auteurs du document soulignent que les chiffres "stagne[nt] et ne diminue[nt] pas". Selon eux, c'est le "système de formation qui n'est pas suffisamment organisé" tant au niveau de la prévention que des solutions proposées.

Des pistes pour le changement

Irène Tharin, députée UMP, vient de rendre un rapport à  Dominique de Villepin sur l'orientation et la réussite scolaire. Cette élue propose diverses mesures. Elle préconise notamment de renforcer les liens entre l'école et l'entreprise. Pour cela, les élèves mais aussi les enseignants devront suivre des stages. Les professeurs pourront ainsi mieux prendre conscience des débouchés liés à  leur discipline. Elle prévoit également de rendre obligatoire une éducation à  l'orientation qui serait intégrée à  l'emploi du temps comme les autres matières d'enseignement. Par ailleurs, Irène Tharin envisage de revoir la formation des conseillers d'orientation psychologue car "jusqu'à  présent", celle-ci "ignore les conséquences de l'orientation sur l'insertion professionnelle". Enfin, elle considère que l'apprentissage pourrait être la solution idéale pour lutter contre l'échec scolaire et ce, dès le collège. Il faut donc que celui-ci soit "mis au même niveau de formation que la voie scolaire".

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