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Suite aux violences urbaines de ces dernières semaines, face à des jeunes qui ne croient plus l'Ecole capable de leur offrir un avenir, le système scolaire s'interroge. Le constat est alarmant : échec de la politique dans les ZEP, persistance des inégalités scolaires, ghettoïsation de certains établissements, etc.
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L'impuissance des ZEP à enrayer l'échec scolaire
24 ans après leur création, les ZEP scolarisent un enfant sur 5 et reçoivent 8 à 10 % des moyens supplémentaires en enseignants (primes et postes d'encadrement). Pourtant, elles n'ont pas réussi à endiguer l'échec scolaire et la montée de la violence. C'est ce que révèle une étude de l'Insee : les ZEP n'auraient pas d'effets significatifs sur les résultats. En 2004, l'Education nationale a recensé plus de 80 000 actes de violence et ce sont 10 % des établissements en ZEP qui subissent près de la moitié des incidents. Quant à l'absentéisme, il touche 4,1 % des élèves de ZEP contre 1,9 % pour les autres. Face à ces élèves difficiles, on trouve nommés les enseignants les plus jeunes et les plus inexpérimentés. Ainsi, en Ile-de-France, dans les zones dites "sensibles", près de 38 % des enseignants ont moins de 30 ans. Pour Jean-Pierre Obin, professeur associé à l'IUFM de Lyon, la politique menée dans les ZEP a atteint ses limites en visant des territoires et non des établissements. A cela s'ajoute "une sur-ségrégation par le biais des dérogations et des départs vers le privé".
L'Ecole : miroir des inégalités sociales
Une enquête de 3 sociologues menée dans l'académie de Bordeaux, indique que 10 % des collèges concentrent 40 % des élèves issus de l'immigration. Les auteurs essaient de décrypter les choix des parents au moment des inscriptions de leurs enfants. Il y est également décrit une « ethnicisation » des comportements. De même, à Paris, un peu plus d'un millier de dérogations dites d'"évitement scolaire", soit 8 % du nombre des inscriptions, sont accordées chaque année pour l'entrée en 6ème. Dans son rapport annuel 2005, l'Observatoire nationale des zones urbaines sensibles (ONZUS) rappelle que le taux de collégiens défavorisés inscrits dans ces ZUS est de 64 % pour 42,6 % hors ZUS. Cet écart, rapproché de celui sur la proportion des élèves de nationalité étrangère (12 % dans les collèges de ZUS contre 4% ailleurs) "traduit la permanence des phénomènes de ségrégation spatiale qui peuvent localement être très forts, reflétant et amplifiant parfois ce qui se passe dans l'habitat". Alain Bentolila dans les colonnes Débats du Monde (17 novembre 2005, p. 23) engage l'école à intervenir rapidement pour lutter contre cette ghettoïsation en introduisant "des éléments de mixité culturelle et sociale". L'élaboration des cartes scolaires ne devrait plus permettre d'accepter des "écoles poubelles". De même, au nom de l'égalité des chances, tous les élèves ne peuvent pas suivre au même rythme un programme identique, ce qui ne signifie pas pour autant une orientation de ces élèves dans des filières non souhaitées.
La communauté éducative face aux violences urbaines
Au-delà des événements, l'Ecole face à cette jeunesse désespérée doit se questionner. La réforme des ZEP est un des dossiers auxquels le ministre de l'Education doit s'atteler. En septembre dernier, il avait annoncé une "évaluation" du dispositif. Au lendemain des émeutes, il a indiqué qu'une réflexion s'engagera sur une refondation des ZEP. Il envisage entre autres d'inciter les enseignants les plus expérimentés à exercer dans ces établissements. Les syndicats enseignants de leur côté réclament "une vraie politique de l'éducation prioritaire". Le Snes demande dans ces quartiers difficiles des équipes éducatives stables, un allégement des effectifs par classe et une augmentation du nombre de postes d'enseignants, d'infirmières, d'assistantes sociales, de CPE et de conseillers d'orientation psychologues. D'autres pistes restent à explorer à l'instar de ce collège catholique Oscar Romero de Garges-lès-Gonesses (Val d'Oise) qui accueille des jeunes en souffrance, rejetés du système scolaire et vivant dans des familles en grande pauvreté. A douze par classe maximum, ces jeunes bénéficient d'un programme allégé et d'un parcours individualisé.
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