Florence Albert Peña (documentaliste Formiris)



Xavier Darcos succède à  Gilles de Robien à  l'Education nationale
01/06/2007
Gilles de Robien quitte ses fonctions après 2 années passées à  la tête du ministère de l'Education nationale. Son successeur, Xavier Darcos, a déjà  donné le ton : "Je ne serai pas le ministre inspecteur des méthodes, mais l'évaluateur des résultats."

Le bilan mitigé de Gilles de Robien

A son arrivée au gouvernement en juin 2005, la feuille de route de Gilles de Robien était claire : mettre en oeuvre la Loi d'orientation sur l'école instituée par son prédécesseur, François Fillon.
En quelques mois, il ouvre plusieurs chantiers : élaboration du socle commun, mise place des conseils pédagogiques, réforme des IUFM, remplacement de courtes durées des enseignants, instauration de la note de vie scolaire, etc.
Il engage une réflexion sur les programmes du primaire et instaure un retour aux fondamentaux ("lire, écrire, compter").
Il lance plusieurs réformes : l'apprentissage junior, le dispositif "ambition réussite", le débat sur l'université et l'emploi ou le temps de service des enseignants.
Beaucoup lui reprochent son manque de dialogue avec les organisations syndicales et ses remises en cause permanentes des enseignants. Néanmoins, Gilles de Robien a mis fin à  la grève administrative des chefs d'établissement du premier degré grâce à  la signature d'un protocole d'accord. Il a également obtenu un certain consensus des fédérations de parents d'élèves en renforçant la place et le rôle des parents à  l'école.
Aujourd'hui, les relations entre le ministère et les syndicats restent néanmoins tendues. Le nouveau ministre devra avant tout restaurer la confiance de la communauté enseignante.


Les chantiers de Xavier Darcos

Xavier Darcos est donc nommé ministre de l'Education nationale. Cependant, l'enseignement supérieur et la recherche ne seront pas sous responsabilité, mais sous celle de Valérie Pécresse.
Ancien ministre délégué sous Luc Ferry, Xavier Darcos a été le conseiller de Nicolas Sarkozy en matière d'éducation tout au long de la campagne présidentielle. En mars 2006, il a rédigé un rapport sur "la situation morale et matérielle des professeurs en France"
Dès sa nomination, le nouveau ministre a annoncé le lancement d'une réflexion globale sur la condition enseignante (statut, rémunération, etc.). En échange, les enseignants devront "faire évoluer leur méthode de travail". L'instauration d'un service minimum en période de grève a été évoquée.
Plusieurs priorités pour Xavier Darcos : la poursuite de l'application de la Loi sur l'école, la mise en place d'études dirigées encadrées par des enseignants volontaires, la réforme de l'éducation prioritaire et la suppression progressive de la carte scolaire. En outre, le ministre a annoncé la poursuite des efforts concernant la scolarisation des enfants handicapés et le développement des enseignements artistiques et sportifs. Toute réforme s'articulera autour de deux axes : la logique du résultat et la limitation des dépenses.

L'inquiétude des syndicats

Si les syndicats enseignants admettent que Xavier Darcos est un fin connaisseur du système éducatif, ils se montrent inquiets par certaines des mesures annoncées.
Dans un communiqué, l'intersyndicale des syndicats enseignants du second degré (dont font partie la FEP-CFDT et le SNEFP-CGT) rappelle ses revendications, à  savoir l'abrogation du décret sur les obligations de service, l'ouverture de discussions sur la prise en compte de la charge de travail des enseignants et le rétablissement des emplois supprimés en 2007. Elle invite le ministre à  ouvrir des négociations sur ces différents points.
Un calendrier de rencontres avec les principales organisations syndicales a d'ores et déjà  été fixé par le ministre.





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